blog de l'émission littéraire A L' ECOUTE DES LIVRES diffusée sur Radio Massabielle
13 Mars 2026
Quel nazi aurait pu imaginer qu'un dignitaire du Reich serait arrêté après la guerre par un juif, allemand de surcroit. C'est ce que relate Didier Eizack dans J' AI ARRÊTÉ OTTO ABETZ, consacré à la traque par son grand-père Joachim Eisak de l' ancien ambassadeur d' Allemagne dans la France occupée.
Nommé par Hitler, Otto Abetz ne fut pas un diplomate comme devait l'être un ambassadeur et il organisa la traque des juifs et la spoliation de leurs biens ainsi que la chasse et l'exécution des résistants.
Ayant participé à la première guerre mondiale sous l'uniforme allemand et réfugié en France lors de la montée du nazisme, Joachim Eisak s'engagea dans la résistance à Lyon, ville dans laquelle la Gestapo fut particulièrement active. Après la Libération, il fut chargé, en qualité d'inspecteur de la Sûreté, de la dénazification de la zone française occupée de Säckingen. Comme nombre de ses pairs, Abetz bénéficiait de complicités pour échapper aux recherches mais l'obstination et le flair de Joachim Eisak qui, non seulement put l'arrêter mais, de plus récupéra le trésor amassé par l'ancien ambassadeur sous forme de tableaux volés, d'or, d'argent et de documents secrets. Bien que condamné à vingt ans de prison Abetz fut gracié en 1954 et mourut en 1958 dans un accident de la route. Joachim Eisak, quant à lui, dut attendre 1950 pour obtenir la nationalité française et le Conseil d' État lui refusa une récompense pour l'arrestation du nazi. Il mourut six mois après la grâce d' Otto Abetz et on peut supposer que cette libération contribua à son décès prématuré. Un album pour ne pas oublier ce héros presque tombé dans l' anonymat.
J' ARRÊTÉ OTTO ABETZ scénario Didier Eisak dessin Maxime Germain co-édition Presses de la Cité Ministère des armées La Cité Graphique97 pages 21 €
Retrouvez À L' ÉCOUTE DES LIVRES le lundi à 19h puis en podcast
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